Assemblée Nationale le 25 février 2026 : Dans un hémicycle quasi vide les deux motions de censure soutenues par les groupes LFI et RN contre le gouvernement Lecornu à propos de la promulgation par décret de la PPE 3, ont été largement rejetées.
La Programmation Pluriannuelle de l'Énergie n°3 qui couvre la période 2026-2035 imposée aux français par décret sur ordre du premier ministre Lecornu le 13 février dernier ne fait pas que des heureux; A part bien sûr les lobbys des énergies renouvelables intermittentes, le Syndicat des Énergies Renouvelables en tête.
Cette PPE 3 traînait dans les tiroirs des ministères, faute de majorité au parlement pour la voter sous les éphémères gouvernements Barnier puis Bayrou. Et bien le "moine soldat" Lecornu comme il se qualifie lui-même, a troqué la robe de bure pour l'armure de Croisé afin de voler au secours de ses amis promoteurs de l'éolien et du photovoltaïque.
C'est ce que le magazine Transitions et Énergies dans un article du 13 février 2026 nomme "le capitalisme de connivence". C'est-à-dire "un système dans lequel des acteurs économiques parviennent à nouer des liens privilégiés avec des décideurs politiques afin de s'assurer une rente de situation.
Mais l'actuel premier ministre n'en est pas à sa première croisade pour favoriser les industriels des énergies intermittentes : éoliennes géantes et parcs photovoltaïques au sol et contrarier si ce n'est empêcher par tous les moyens les recours quasi systématiques des associations de défense de l'environnement :
Alors Secrétaire d’État du ministre de la transition écologique, François de Rugy, Sébastien Lecornu est l'auteur du décret n°2018-1054 du 29-11-2018 qui fixe la Cour Administrative d’Appel comme tribunal de première instance et la cristallisation des moyens à deux mois en ce qui concerne le contentieux éolien. En clair, les associations doivent dorénavant passer par un avocat pour ester en justice, alors qu’auparavant elles pouvaient le faire gratuitement devant le tribunal administratif.
Pour autant, des associations de défenses de l'environnement indépendantes comme la Fédération Environnement Durable ont décidé d'attaquer le décret de la PPE 3 en justice. De son côté l'avocat William Azan a également déposé un recours devant le Conseil d'État en lien avec les associations Réveils des terroirs, Sentinelles de Vauban et de l’Union française des pêcheurs artisans (proche de la Coordination rurale), ainsi que des militants anti-renouvelables Fabien Bouglé et Alexandre Jardin (information parue dans la lettre Contexte sur l'Énergie du 23 février).
Même si l'issue de ces recours est très incertaine, on peut penser que la clause de "revoyure" du décret en 2027, et surtout la prochaine élection présidentielle pourraient sonner le glas de cette PPE imposée en dépit de tout bon sens : coût évalué exorbitant de 300 milliards d'euros (voir notre article du 2 juillet 2025), stagnation de la consommation d'électricité d'où une surproduction endémique de plus de 96 TWh en 2025 (voir bilan RTE 2025), explosion des coûts et des risques (voir article du Point du 7 février 2026) consécutifs aux impacts sur la production d' EDF en raison de la modulation imposée par l'injection des EnRI sur le réseau (voir Étude EDF du 16 février 2026)...
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le 14 février 2026, la manifestation contre le parc éolien offshore Bretagne Sud |
Quelles conséquences aurait la PPE 3 dans nos territoires ruraux ?
Dans notre département des Hautes-Alpes, la menace sur l'environnement consiste principalement dans l'implantation massive de parcs photovoltaïques au sol générant à terme la destruction de milliers d'hectares de forêts. (voir notre article du 16 décembre 2025). Cependant la réapparition de projets d'éoliennes quand les capacités de raccordement aux postes sources seront libérées, n'est pas à écarter malgré les prises de position du président du département ou de la députée.
En décembre 2025 RTE avait préparé 4 scénarios concernant le rythme de développement du mix électrique à l'horizon 2035 (voir page 31 du bilan prévisionnel RTE). Les organisations professionnelles des EnRI ayant mis leur veto sur les options R1 et R2 qu'ils considéraient comme un moratoire sur l'éolien et le photovoltaïque, la nouvelle PPE3 s'inspire largement du scénario R3.
Comme on le voit sur le tableau ci-dessus , il faut s'attendre, à l'échelle du pays, à un raz-de-marée de parcs photovoltaïques avec 48 GW installés en 2030 et 55 à 80 GW en 2035, soit une multiplication de 3 à 4 par rapport à la situation actuelle.La répartition en puissance étant largement en faveur des grandes installations au sol (les petites installations en toiture et les petites surfaces anthropisées n'intéressant pas les promoteurs), on peut craindre le pire quant à l'accentuation de la déforestation dans notre département ... à moins que les citoyens, lors des prochaines élections municipales, donnent leur préférence aux candidats vraiment résolus à préserver l'environnement !
PLUS QUE JAMAIS, NOUS RÉCLAMONS UN ARRÊT DE L'IMPLANTATION DES PARCS PHOTOVOLTAÏQUES EN MILIEU NATUREL AGRICOLE, PASTORAL OU FORESTIER !


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