jeudi 18 février 2016

le coup de pied de l'âne de l'éolien industriel à EDF

Dans un article paru sur le site des échos, Jean-François Raux, ancien délégué général de l'Union Française de l'électricité et ancien d'EDF faisait ce constat : "La France découvre avec étonnement qu'EDF, un des fleurons industriels, est en grave difficulté". le site Médiapart titre de son côté :" Et si EDF faisait faillite ?"

Comme dans la fable de La Fontaine, le lion devenu vieux, il se pourrait bien que la politique inconsidérée de subventionner à outrance les énergies dites renouvelables (en fait intermittentes),  maintenant principalement l'éolien industriel,  contribue à la faillite d'EDF déjà très affaibli et à des licenciements massifs chez l'opérateur national de production d'électricité.
Un comble alors qu'encore récemment sur France Inter,  le président du Syndicat des Énergies Renouvelables, Jean-Louis BAL, n'avait plus que la création d'emplois comme justification positive de l'envahissement de notre pays par les éoliennes géantes de ses adhérents, les multinationales du vent !
La surcapacité de notre production électrique (de l'ordre de 15 %) cumulée à une baisse de la consommation liée à la désindustrialisation et un effondrement des prix de gros de l'électricité (actuellement moins de 30 € le mégatwatt-heure) creuse un déficit abyssal entre prix de revient et prix de vente de notre énergie électrique. Le journaliste des échos estime ainsi les pertes dues à ce différentiel meurtrier à 8 à 10 milliards d'euros.

Les opérateurs éoliens qui ont bien récupéré avec succès le discours convenu des écolos sur le réchauffement climatique et la transition énergétique se sont lancés dans une course effrénée dans le tout éolien, creusant de plus en plus le déficit : EDF rachète 82 € le MWh qu'elle revend le tiers de ce prix sur les marchés : plus on produit de l'électricité éolienne plus on perd de l'argent !

Quelle est l'incidence de cette politique absurde menée par les pouvoirs publics : la perte programmée de notre indépendance énergétique (quand les Boralex canadiens et leurs semblables maîtriseront à la fois les parcs éoliens intermittents et les centrales de cogénération au gaz), et une hausse constante et vertigineuse du prix de l'électricité et des subventions payées par le consommateur final (subventions multipliées par 9 au cours des 15 dernières années, et ce n'est qu'un début).
le PDG d'EDF, Jean-Bernard Levy, réclamait il y a encore 2 jours sur RTL une nouvelle hausse des tarifs ... pour pouvoir faire face aux investissements indispensables. Car il ne faut pas s'illusionner : ni ce gouvernement ni les suivants n'arrêteront les centrales nucléaires.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

C'est fort tout de même de reconnaître que l'éolien allemand écrase le marché de gros de l'électricité européenne et que par conséquent EDF est dans la panade, ce qui l' oblige à demander une hausse du kWh facturé...

http://www.euractiv.fr/section/energie/news/menaces-sur-le-business-plan-nucleaire-d-edf/

"Lourdement endettée (37,5 milliards d’euros en juin dernier), EDF fait face à un mur d’investissements et à de nombreuses incertitudes, tant financières que politiques. Avec une consommation d’électricité qui devrait stagner ces prochaines années (merci la crise et les économies d’énergies!) et un coût du mégawattheure qui ne cesse de chuter sur les marchés sous la pression de l’éolien allemand, personne ne semble désormais plus pouvoir prédire l’avenir du modèle d’affaires du plus grand électricien du monde. Mais ça n’a pas l’air d’inquiéter grand monde du côté de l’hôtel de Roquelaure."

Mais alors qui osera s'attaquer au fond du problème, à savoir la surproduction induite par les énergies intermittentes européennes et ses conséquences sur les cours du marché de gros, qui non seulement font perdre de l'argent à EDF mais font que la CSPE (contribution au service public de l'électricité) va majorer spectaculairement les factures des ménages et PME.
L'Etat pendant ce temps voit les dividendes fondre et qu'en sera-t'il des impôts si le contribuable était appelé à recapitaliser EDF !


Pourquoi attendre l'échéance 2017 / 2018 pour s'attaquer au fond du problème et qui sera alors en charge de le résoudre?

http://www.boursorama.com/actualites/edf-baisse-son-dividende-et-travaille-a-son-equation-financiere-9c489cb92890c4f2b4b7be07185fedea

"A l'horizon 2017-2018, nous allons prendre de façon plus sévère la baisse des prix de marché et ceci nous conduit à réexaminer l'équation de financement et l'endettement du groupe en liaison avec notre actionnaire principal"