samedi 22 avril 2017

Les candidat(e)s à la présidentielle et l'éolien

Dans une campagne électorale plus qu'atypique, pas toujours marquée du sceau de la probité, la forme et le factice l'ont bien souvent emportés sur le fond et le débat démocratique. Qui plus est, dans la chasse aux électeurs, nos chers impétrants à la fonction suprême ont eu parfois la doctrine flageolante et le programme à géométrie variable au fil de la campagne.
Alors, avant de glisser notre bulletin dans l'urne, nous avons essayé d'y voir un peu plus clair dans leur position sur la transition énergétique et l'éolien industriel qui nous pourrit la vie et nos campagnes. Un grand merci, dans cette quête du graal à la Fédération Environnement Durable qui depuis des mois interroge sans relâche les hypothétiques futurs locataires de l'Elysée.

Marine le Pen
La Présidente du FN a toujours été opposée à l’éolien qu’elle juge « immonde ». Marine le Pen veut décréter un moratoire immédiat sur l’éolien (proposition 133 de ses engagements de campagne). Elle est plutôt favorable aux referendum locaux concernant les projets éoliens. Elle privilégie la filière solaire dans les énergies renouvelables à développer sous la conduite d’EDF tout en encadrant plus strictement les tarifs de rachat pour les panneaux solaires, le tout dans le cadre d’une politique énergétique nationale. Elle veut également promouvoir une filière de l’hydrogène (proposition 135) pour réduire la part d’énergies fossiles.

Emmanuel Macron
Au fil des mois, le président d’En Marche, maintenant coaché par moult officines écolo et le WWF, a verdit son projet présidentiel. Il s’inscrit par ailleurs dans le cadre de la Loi sur la transition énergétique du quinquennat Hollande. Partisan affiché de la baisse du nucléaire à 50% en 2025, il souhaite pour y arriver un doublement du solaire et de l’éolien (ce qui nous ferait passer de 11,7 GW à 23,3 GW) d’ici là. A facteur de charge constant la France produirait ainsi 47,6 TWh d’électricité éolienne (soit 10% de notre production de 2016). Pour y arriver, Emmanuel Macron souhaite simplifier et accélérer au profit des opérateurs les procédures d’implantation des ENR. Il n’est pas évoqué le déficit de production de l’ordre de 70 à 90 TWh que provoquerait à court terme un changement important du mix énergétique. Peut-être envisage-t-il la solution (importation ?) dans le marché unique européen de l’énergie qu’il appelle de ses vœux.

Jean-Luc Mélenchon
Le parcours politique du leader de la France Insoumise ces dernières années, son militantisme pour une « économie de la mer », et le ralliement de quelques écolos dissidents d’EELV lui ont fait adopter les thèses de l’association Négawatt, elle-même porteuse du rapport prospectif de l’ADEME qui soutient la faisabilité d’un mix énergétique 100% renouvelable en 2050. Pour couper court à l’argument de l’intermittence sans répondre à la problématique du stockage de la production d’énergie éolienne (il faudrait par exemple environ 100 000 éoliennes pour atteindre une production équivalente à notre production électrique totale de 2016), il convient d’adopter la théorie du foisonnement (en clair, il y aura tellement d’éoliennes installées un peu partout qu’il y en aura toujours suffisamment pour produire de l'électricité grâce à des régimes de vents différents - ce qui n’est pas avéré scientifiquement). D’après Jean-Luc Mélenchon le passage forcé aux ENR créerait 6 fois plus d’emplois que ceux existants dans le secteur nucléaire (220 000 emplois). Il envisage donc l’arrêt rapide du nucléaire et de tous les projets en cours. Le bras armé de sa politique sera la création d’un grand pôle public de l’énergie et la renationalisation d’EDF-(ex)GDF.

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