dimanche 28 mai 2017

Nicolas Hulot : un coup médiaticologique d’Emmanuel Macron ... et après ?


En prévision des prochaines élections législatives et la nécessité  de ratisser large pour obtenir la majorité à l’assemblée, le nouveau président de la République a réalisé un grand coup en prenant dans ses filets la figure emblématique de l’écologie.

A quelques jours des prochaines législatives, on reste dans le symbolique en attendant, au-delà des déclarations du candidat Macron devenu président sur la réduction du nucléaire et le développement du renouvelable dans la production énergétique nationale, de voir quelle seront les orientations politiques de la nouvelle majorité qui sortira des urnes.

Hulot, Royal et Borloo à l'époque
de la COP 21


Sans compter que le temps des symboles passé, les gages de dogmatismes écologiques dépassés, le principe de réalité devra s'imposer. Car il ne fait aucun doute pour un spécialiste sérieux que l'abaissement d'ici 2030 à 50% de production d'électricité nucléaire dans le mix énergétique et le développement à marche forcée des énergies intermittentes comme le solaire et l'éolien nous mènera, soit à la pénurie énergétique soit à l'importation massive à coût très élevé d'électricité de l'étranger.

Dans ce contexte, quelle sera la ligne de conduite du nouveau ministre d'État vis à vis de l'éolien industriel et des 20 à 25 000 aérogénérateurs géants à installer dans la macronie en marche? Va-t-il succomber aux lobbys comme ses prédécesseurs politiques, écolos et socialos aux ordres des industriels du vent et leurs syndicats professionnels, ou, en bon connaisseur qu'il est, gardera-t-il sa liberté d'analyse sur l'éolien industriel ?

Il y a 10 ans, Nicolas Hulot l'écolo, à l'orée du Grenelle de l'environnement voulu par le duo Sarkozy-Borloo, ne déclarait-il pas "Au départ, l'énergie éolienne est une très bonne idée, mais à l'arrivée, c'est une réalisation tragique. Si on nous disait au moins que cela permettrait de fermer des centrales. Mais cela n'est pas le cas. Cela peut dénaturer des paysages pour des résultats incertains ...En bref, c'est simplement de l'habillage ..."

Le même déclarait également (RMC le 08/11/2006) :"Évidemment que je suis pour les éoliennes. Mais pas tel qu'on le fait actuellement. Parce que l'on vient dire aux maires: ça va être pour vous une rente et c'est le seul motif de décision. Il faut faire des champs dans des paysages industriels sur lequel ça apportera peut être, un surplus de caractère mais pas miter le paysage et dès lors, encore une fois, parce que je suis d'accord que ça a un impact visuel et parfois sonore...."

le même (le Figaro magazine 20 octobre 2007) : " Le lobby des éoliennes souvent proche de celui du nucléaire, a bien fonctionné en proposant aux maires des petites communes de nouvelles recettes. Ils ont installé des éoliennes en dépit du bon sens. Des champs d'éoliennes dans des friches industrielles ne choqueront personne. Mais lorsque l'on sacrifie des paysages magnifiques, je comprend qu'il y ait des réactions. Ces lobbys ont réussi à dresser des écologistes contre les éoliennes. "

Il y a dix ans la technologie de l'éolien industriel terrestre était à peine pire que maintenant (énergie intermittente fonctionnant en moyenne un jour sur quatre, avec un faible taux de rendement de 23%), le jugement lucide et sans concession de Nicolas Hulot en garde donc toute sa valeur !

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